Le LDDS — Livret de Développement Durable et Solidaire — a connu deux changements de taux en l’espace d’un an. Après des années à 3 %, le gouverneur de la Banque de France a recommandé une baisse, et la décision est tombée : depuis le 1er février 2025, le taux s’établit à 2,4 %. Pas de panique, c’est encore mieux que ce que la plupart des livrets bancaires ordinaires proposent, mais il faut quand même savoir où vous en êtes.
Que vous soyez déjà titulaire d’un LDDS ou que vous envisagiez d’en ouvrir un, voici l’essentiel : comment fonctionne ce livret, comment se calculent vos intérêts, et ce que 2025 change vraiment dans votre rendement réel.
Le taux du LDDS en 2025 : la baisse confirmée
Du 3 % au 2,4 % : chronologie du changement
Jusqu’au 31 janvier 2025, le LDDS était rémunéré à 3 % — taux en vigueur depuis février 2023, après la hausse liée à l’inflation. Le 1er février 2025, ce taux est passé à 2,4 %, conformément à l’arrêté publié au Journal officiel. Cette révision suit la formule de calcul officielle, indexée notamment sur l’évolution de l’inflation et des taux interbancaires à court terme.
Pour un épargnant avec 12 000 € placés (soit le plafond maximum), le passage de 3 % à 2,4 % représente environ 72 € d’intérêts en moins sur l’année. Ce n’est pas anodin, mais le LDDS reste exonéré de prélèvements sociaux et d’impôt sur le revenu — ce qui le rend difficile à battre à risque zéro.
Un taux unique, garanti par l’État
Contrairement aux livrets bancaires classiques dont les taux varient selon les promotions et les établissements, le taux du LDDS est fixé par décret. Toutes les banques appliquent strictement le même. Peu importe que vous soyez client du Crédit Agricole, de BNP Paribas ou d’une néobanque : votre LDDS rapporte exactement 2,4 % annuels depuis le 1er février 2025.
Ce taux peut évoluer à chaque début de mois — théoriquement — mais en pratique, les révisions interviennent rarement plus de deux fois par an. La prochaine revue officielle est attendue autour du 1er août 2025, selon le calendrier habituel du Comité consultatif du secteur financier.
Fonctionnement du LDDS : les règles à connaître
Plafond et conditions d’ouverture
Le LDDS est ouvert à toute personne physique majeure, domiciliée fiscalement en France. Une seule règle vraiment contraignante : on ne peut détenir qu’un seul LDDS par personne, mais deux par foyer fiscal (un pour chaque conjoint ou partenaire de PACS).
Le plafond des dépôts est fixé à 12 000 €. Les intérêts capitalisés peuvent en revanche dépasser ce seuil — ils s’ajoutent au capital sans limite. En pratique, un épargnant qui a ouvert son LDDS il y a vingt ans peut très bien avoir un solde de 13 000 ou 14 000 € aujourd’hui grâce aux intérêts cumulés.
Autres conditions à retenir :
- Aucun montant minimum de dépôt légalement imposé (les banques fixent parfois 10 ou 15 € à l’ouverture)
- Disponibilité totale des fonds : les retraits sont libres, sans pénalité
- Pas de durée minimale de placement
- Interdiction de cumul avec un Codevi (l’ancien nom du LDDS, supprimé en 2007)
Calcul des intérêts : la règle de la quinzaine
Le calcul fonctionne par quinzaines calendaires. Un dépôt effectué le 10 mars commence à produire des intérêts le 15 mars. Un dépôt fait le 16 mars n’est pris en compte qu’à partir du 1er avril. Même logique pour les retraits : un retrait fait le 3 mars stoppe les intérêts au 1er mars.
Concrètement, si vous voulez optimiser votre rendement :
- Déposez avant le 1er ou avant le 16 du mois
- Retirez après le 1er ou après le 16 du mois
- Évitez de laisser de l’argent stagner entre deux quinzaines sans que cela soit comptabilisé
Les intérêts sont calculés et crédités une fois par an, au 31 décembre. C’est à cette date que les intérêts s’ajoutent au capital et commencent eux-mêmes à produire des intérêts l’année suivante.
Fiscalité : l’atout majeur du LDDS
Exonération totale, sans conditions
C’est là que le LDDS prend tout son intérêt. Les intérêts générés sont entièrement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux (les fameux 17,2 % de CSG-CRDS). Pas de case à remplir dans votre déclaration, pas de prélèvement à la source : les intérêts crédités le 31 décembre sont les intérêts que vous touchez, point.
Un livret bancaire ordinaire rémunéré à 3 % brut donne en réalité environ 2,47 % net (après les 17,2 % de prélèvements sociaux et en supposant une tranche d’imposition de 30 %). Le LDDS à 2,4 % est donc souvent plus rentable qu’un livret bancaire affiché à 2,8 ou 2,9 % brut — à capital et risque identiques.
Pour comprendre comment comparer vos placements sur une base nette, des ressources comme Vos placements financiers : quels taux espérer ? donnent des clés concrètes pour ne pas se faire piéger par les taux bruts affichés.
Le LDDS dans votre stratégie d’épargne globale
Le LDDS n’est pas un placement de rendement. C’est un outil de sécurisation de trésorerie à court terme — le coussin de sécurité que les conseillers financiers recommandent avant tout investissement plus risqué. Ni plus, ni moins.
Avec 12 000 € placés à 2,4 %, vous obtenez 288 € nets par an. C’est peu en valeur absolue, mais c’est sans risque, sans frais et sans blocage. Pour un fonds d’urgence (3 à 6 mois de dépenses courantes), c’est exactement ce qu’il faut.
Si votre épargne dépasse le plafond du LDDS, il vaut la peine de regarder le Livret A (même taux de 2,4 % depuis le 1er février 2025, plafond de 22 950 €) ou le LEP (Livret d’Épargne Populaire), rémunéré à 3,5 % mais soumis à conditions de revenus. Les entrepreneurs et porteurs de projets peuvent aussi explorer les dispositifs orientés financement, notamment dans la rubrique Entreprise pour les outils d’optimisation de trésorerie.
LDDS et financement de l’économie solidaire
À quoi servent vos dépôts ?
Le « S » de LDDS ne doit pas rester qu’une lettre. Depuis 2016, les banques sont obligées de proposer à leurs clients titulaires d’un LDDS la possibilité d’affecter une partie de leur épargne au financement de structures de l’économie sociale et solidaire (associations, coopératives, entreprises d’insertion). Ce n’est pas automatique — il faut en faire la demande — mais c’est une option réelle.
Par ailleurs, les dépôts collectés via les LDDS alimentent principalement les prêts accordés par la Caisse des Dépôts pour financer des projets d’efficacité énergétique, de rénovation thermique et de développement durable. Votre épargne ne dort pas : elle finance des travaux d’isolation dans des logements sociaux ou des projets industriels verts.
Différence entre LDDS et LDD « classique »
Techniquement, il n’existe plus de LDD « classique » depuis que le Codevi a été transformé en LDD en 2007, puis en LDDS en 2016. Mais certains épargnants ou sites comparatifs utilisent encore l’ancienne appellation. LDDS, LDD et Codevi désignent aujourd’hui le même produit — les anciens contrats ont été automatiquement renommés, sans modification des conditions ni des plafonds.
Ce qui pourrait changer après le 1er août 2025
Le taux du LDDS est révisable tous les six mois. La prochaine fenêtre officielle est le 1er août 2025. Selon les projections actuelles des économistes, l’inflation française devrait continuer à se modérer — ce qui pourrait entraîner une nouvelle légère baisse du taux, peut-être vers 2 % ou 2,2 %.
Rien n’est acté. Le gouverneur de la Banque de France peut aussi décider de maintenir le taux si les conditions économiques changent. Ce qu’on sait avec certitude : le taux ne passera pas sous 0,5 %, plancher légal fixé par décret. Et quelle que soit l’évolution, l’exonération fiscale reste acquise — c’est inscrit dans le Code monétaire et financier.
Pour les épargnants qui souhaitent anticiper ces évolutions et comparer les alternatives disponibles, la vigilance sur les taux réels nets reste la meilleure stratégie. Un LDDS bien alimenté, combiné à d’autres enveloppes adaptées à votre profil, reste l’une des bases les plus solides d’une épargne organisée.