Le 1er février 2026, le taux du Livret A a été abaissé à 2,4 %. Une décision de la Banque de France qui a fait grincer des dents, surtout pour les 55 millions de Français qui détiennent ce produit. Mais ce recul ne signifie pas que tous les livrets suivent la même trajectoire — loin de là. Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) reste à 3,5 % pour les ménages modestes, et certains livrets bancaires boostés offrent encore plus de 4 % sur quelques mois.
Alors, quel livret choisir en 2026 ? La réponse dépend de votre situation fiscale, de votre horizon de placement et de votre capacité à jongler entre différents produits. Tour d’horizon des taux réels, sans langue de bois.
Les livrets réglementés en 2026
Livret A et LDDS : les piliers grand public
Le Livret A affiche 2,4 % depuis le 1er février 2026, contre 3 % auparavant. Le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) est aligné sur ce même taux, comme c’est toujours le cas. Ces deux produits restent défiscalisés — les intérêts ne supportent ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux.
Le plafond du Livret A est fixé à 22 950 €, celui du LDDS à 12 000 €. Un foyer peut donc cumuler jusqu’à 34 950 € sur ces deux produits. À 2,4 %, l’intérêt annuel brut sur le plafond du Livret A représente environ 550 € — ce n’est pas anodin, mais c’est nettement moins qu’il y a deux ans.
Le LEP : le meilleur taux réglementé, sous conditions
Le Livret d’Épargne Populaire est le grand oublié des débats sur l’épargne. Son taux est fixé à 3,5 % en 2026, soit presque 50 % de plus que le Livret A. Plafond : 10 000 €. Seul obstacle : il faut respecter un plafond de revenus fiscaux de référence — environ 21 393 € pour une personne seule (barème 2025, applicable en 2026).
Si vous y avez droit, ouvrez-le sans attendre. C’est mécaniquement le meilleur livret réglementé disponible, et il est aussi exonéré d’impôt.
Livret Jeune et Livret d’Épargne Entreprise
Le Livret Jeune (réservé aux 12-25 ans) affiche un taux au moins égal au Livret A, mais chaque banque peut proposer davantage. En pratique, la plupart des établissements servent exactement 2,4 %, sauf quelques offres promotionnelles. Plafond : 1 600 €.
Quant au Livret d’Épargne Entreprise (LEE), son taux suit également le Livret A. Les dirigeants de TPE qui cherchent à placer leur trésorerie court terme trouveront des alternatives bien plus attractives du côté des comptes à terme — un sujet que les conseillers des Entreprise abordent régulièrement.
Les livrets bancaires non réglementés
Livrets boostés : les offres de bienvenue à décrypter
Les banques en ligne et néobanques rivalisent d’imagination pour attirer de nouveaux dépôts. En 2026, les offres boostées varient entre 4 % et 6 % bruts sur 2 à 3 mois, puis retombent à un taux de base souvent inférieur à 2 %. Quelques exemples concrets observés début 2026 :
- Monabanq : 5 % bruts pendant 3 mois sur les nouveaux dépôts, puis 1,5 %
- Hello bank! : 4,5 % sur 2 mois pour les nouveaux clients
- Fortuneo : taux boosté à 4 % pendant 3 mois, sous conditions de versement minimum
- Certaines offres des banques régionales traditionnelles, calées entre 3 % et 4 % bruts pour des durées courtes
Attention : ces livrets sont fiscalisés. Les intérêts subissent le prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux). Un taux affiché à 5 % bruts revient à 3,5 % nets — ce qui reste intéressant pendant la période boostée, à condition de ne pas oublier de transférer les fonds ensuite.
Stratégie du « livret-nomade » : faire tourner ses fonds
Certains épargnants organisent un vrai circuit entre offres boostées successives. La méthode est simple : ouvrir un nouveau livret bancaire chaque trimestre dans un établissement différent, profiter du taux de lancement, puis rapatrier les fonds avant la fin de la période. Légal, efficace — et chronophage. Il faut accepter de gérer les démarches d’ouverture et de clôture, parfois avec des délais de virement de 2 à 3 jours ouvrés.
PEL et CEL : des alternatives à ne pas négliger
Le Plan Épargne Logement en 2026
Le PEL ouvert depuis le 1er janvier 2024 affiche un taux de 2,25 % bruts. C’est moins que le Livret A net… sauf si l’objectif est d’accéder au prêt PEL à 3,45 % pour financer un bien immobilier. Dans ce cas, la logique change complètement. Pour comprendre tous les détails du mécanisme — durée minimale, conditions de prêt, fiscalité après 12 ans — consultez cet article sur le Plan épargne logement (PEL) : fonctionnement, taux et conditions.
Le CEL (Compte Épargne Logement), lui, est calé à 1,5 % bruts depuis début 2024 — soit un tiers du Livret A. Il ne présente un intérêt que comme complément du PEL dans un projet immobilier précis.
Comment comparer les taux nets réels ?
Réglementé vs. non réglementé : le calcul qui change tout
Pour comparer honnêtement un Livret A à un livret bancaire fiscalisé, voici la grille de lecture à appliquer :
- Livret A / LDDS / LEP / Livret Jeune : taux affiché = taux net (exonération totale)
- Livrets bancaires ordinaires : multiplier le taux brut par 0,70 pour obtenir le taux net après PFU à 30 %
- PEL (ouvert après 2018) : soumis au PFU dès la première année — idem, multiplier par 0,70
Un livret boosté à 5 % bruts vaut donc 3,5 % nets. Le Livret A à 2,4 % nets reste supérieur à tout livret bancaire ordinaire taxé servant moins de 3,43 % bruts. C’est le seuil d’équivalence à retenir.
Faut-il diversifier ses livrets ?
La réponse courte : oui, si vous en avez la capacité. L’ordre logique à respecter en 2026 :
- Remplir le LEP en priorité (3,5 % nets, si éligible)
- Saturer le Livret A (22 950 €) et le LDDS (12 000 €)
- Exploiter une offre boostée sur un livret bancaire pour le surplus de trésorerie à court terme
- Étudier le PEL uniquement si un projet immobilier est envisagé à 4-10 ans
Au-delà de ces livrets, d’autres supports entrent en jeu : fonds euros d’assurance-vie, comptes à terme, SCPI… Mais c’est un autre sujet.
Questions fréquentes
Quel est le taux du Livret A en 2026 ?
Depuis le 1er février 2026, le taux du Livret A est fixé à 2,4 % net par an, contre 3 % auparavant. Ce taux s’applique également au LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire). Les intérêts restent totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Le LEP est-il vraiment plus rentable que le Livret A en 2026 ?
Oui, nettement. Le Livret d’Épargne Populaire affiche 3,5 % nets en 2026, soit près de 46 % de rendement supplémentaire par rapport au Livret A à 2,4 %. La condition : ne pas dépasser le plafond de revenus fiscaux de référence fixé à environ 21 393 € pour une personne seule. Si vous y êtes éligible, c’est le premier livret à saturer.
Les livrets boostés des banques en ligne sont-ils intéressants ?
Oui, mais uniquement pendant la période promotionnelle (2 à 3 mois en général). Ces livrets sont fiscalisés au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, ce qui ramène un taux affiché à 5 % bruts à 3,5 % nets réels. Après la période boostée, le taux de base retombe souvent sous 2 % bruts — en dessous du Livret A net. Il faut donc anticiper le retrait des fonds à temps.
Peut-on cumuler plusieurs livrets d’épargne réglementés ?
Oui, sous conditions. Un même épargnant peut détenir simultanément un Livret A, un LDDS et un LEP (s’il est éligible), soit jusqu’à 44 950 € de dépôts défiscalisés. En revanche, on ne peut détenir qu’un seul Livret A par personne, et le LDDS est limité à deux par foyer fiscal. Les livrets bancaires non réglementés sont cumulables sans restriction.
Le PEL est-il encore rentable à ouvrir en 2026 ?
Le PEL ouvert en 2026 offre un taux de 2,25 % bruts, soit environ 1,575 % nets après PFU. Comme placement pur, c’est moins rentable que le Livret A. Son intérêt est ailleurs : les droits à prêt immobilier à 3,45 % qu’il génère après 4 ans minimum. Si vous anticipez un achat immobilier à moyen terme, l’ouverture reste pertinente — sinon, passez votre chemin.